Les élèves conservateurs et conservatrices de la promotion Augusta Hure lance un appel à communications pour la journée d’étude 2027, consacrée aux relations entre archives et patrimoines. Cette rencontre explorera la diversité des formes, des usages et des processus de patrimonialisation des archives, ainsi que leur rôle dans la connaissance, la conservation et la transmission des patrimoines.
Tantôt documents, tantôt orales, tantôt fonds, institution, pratique ou patrimoine, les archives, qu'elles
Tantôt documents, tantôt orales, tantôt fonds, institution, pratique ou patrimoine, les archives, qu'elles soient envisagées au singulier ou au pluriel, recouvrent des réalités et des significations multiples. Leur diversité conduit à interroger les relations qu'elles entretiennent avec les autres patrimoines, tant dans leur constitution que dans leurs usages.
Longtemps envisagées comme de simples instruments de gestion ou comme des sources pour l'histoire, les archives occupent aujourd'hui une place centrale dans le champ patrimonial. Qu'elles prennent la forme de chartes médiévales, de dossiers d'œuvres, de documentation de fouilles archéologiques, d'inventaires de musées, de bases de données numériques ou encore d'archives produites par les services d’archives eux-mêmes, elles participent à la connaissance, à la conservation, à la transmission des patrimoines, mais aussi à la continuité du service public.
Si le code du patrimoine fixe les contours des obligations réglementaires relatives aux archives, leurs conditions de production et de traitement fluctuent. Face aux enjeux contemporains de désinformation, de manipulation des récits et de contestation des faits établis, les archives revêtent une importance fondamentale. Leur double vocation, historique et citoyenne, en fait à la fois des sources essentielles pour la connaissance du passé et des garanties de la transparence, de la responsabilité publique et de la préservation des principes démocratiques.
La journée d'études 2027 des élèves conservateurs et conservatrices du patrimoine sera l'occasion d'interroger l'articulation entre la vocation patrimoniale des archives et la diversité de leurs usages contemporains dans les autres champs patrimoniaux. Les propositions pourront s’inscrire dans les axes suivants :
- Définir les archives : catégories et frontières. Cet axe reviendra sur la complexe définition des archives. Il visera à interroger les usages pluriel d'un substantif de plus en plus employé au singulier. Que recouvre aujourd’hui celui-ci ? Chaque spécialité en a-t-elle la même définition ? Quelle place pour les objets, les archives orales ou les formes non écrites ? Il s’agira également d’interroger les hiérarchies entre supports et les critères de sélection, de légitimation et de conservation qui structurent les pratiques archivistiques.
- Les archives, un patrimoine « auxiliaire » ? Usages et appropriations. Cet axe questionnera la place des archives dans les pratiques patrimoniales et scientifiques. Sources primaires, preuves administratives ou juridiques, matériaux de recherche, elles occupent une position centrale mais souvent discrète. Il s’agira d’analyser leurs usages par les différentes disciplines et métiers du patrimoine, ainsi que leurs modalités d’appropriation et de réinterprétation. Une attention pourra être portée aux dimensions sensibles et affectives des archives, ainsi que l’émergence de formes d’archives artistiques, éphémères ou numériques.
- De la source au patrimoine : les archives patrimonialisées. Cet axe explorera les processus de patrimonialisation des archives elles-mêmes. Comment sont-elles collectées et deviennent-elles patrimoine ? Quels usages en sont faits dans les institutions culturelles et les espaces d’exposition en dehors des centres d’archives ?
- Nouvelles archives, nouveaux patrimoines : matérialités et invisibilités. Cet axe s’intéressera aux transformations contemporaines des archives dans un contexte de numérisation et de diversification des supports. Il interrogera les nouvelles matérialités des traces, les enjeux de conservation. Une attention particulière sera accordée aux archives produites par des groupes historiquement marginalisés ou invisibilisés : archives militantes, communautaires, mémorielles ou issues de pratiques alternatives.
- Approfondir la connaissance des patrimoines à partir des archives. Cet axe pourra aborder les enjeux de recherche de provenance, de restitution, de réappropriation et de circulation des fonds y compris sur le marché de l’art, mais aussi ceux liés à la sélection, à la surproduction documentaire ou à la décroissance. Il questionnera ainsi la manière dont les archives reconfigurent la notion même de patrimoine et peuvent inspirer les pratiques patrimoniales d’autres spécialités.
Cette journée d’étude se veut un espace d’échange ouvert autour des archives et des patrimoines. Nous adressons un appel à communications à tous les acteurs et actrices confrontés à ces problématiques. Professionnelles et professionnels de la conservation et/ou de la restauration, chercheuses et chercheurs, étudiantes et étudiants, mais aussi artistes ou juristes, et bénévoles sont invités à partager leurs expériences, leurs questionnements et leurs méthodes d’approche.
La journée d’étude aura lieu à l’Institut national du patrimoine), le lundi 26 avril 2027 dans l’auditorium Jacqueline Lichtenstein (galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris). Dans la mesure du possible, les frais de transports des intervenants pourront être pris en charge pour les déplacements en France métropolitaine.
Pour proposer une communication, merci de nous faire parvenir un résumé de 2 000 signes maximum ainsi qu’une courte biographie (400 signes, espaces non compris) incluant vos noms, champs de recherche et, le cas échéant, l’institution à laquelle vous êtes rattachée à l’adresse suivante : @email.
Nous recueillerons vos propositions jusqu’au 15 octobre 2026. Les formats seront définis ultérieurement mais les interventions individuelles n’excéderont pas 15 minutes et le comité scientifique pourra également proposer des tables rondes.