En archéologie, la connaissance des sociétés anciennes repose avant tout sur les enquêtes menées sur des données matérielles, des objets, des sédiments, des vestiges et des traces de nature très variée. Ces vestiges du passé, mis au jour sur le terrain de fouille, suivent ensuite des chemins d’études, d’investigation et de restaurations pour d’éventuelles présentations.
Dans ce cadre, et avec la multiplication des recherches spécialisées en laboratoire, l’acte de prélèvement est devenu une nécessité. Ce geste n’est pas sans soulever de nombreuses questions qui se croisent et se complètent : quels sont les besoins de la science et ont-ils évolué en fonction des changements d’appareillage en laboratoire ? Quel regard peut-on porter sous l’angle des restaurations et de la conservation ? Faut-il prélever ou doit-on à tout prix privilégier l’intégrité d’un vestige archéologique ? Avec une interrogation, majeure et presque philosophique, qu’est-ce que « l’intégrité » en archéologie, par essence destructrice, et plus largement dans le domaine patrimonial ? Sur un bien archéologique, faut-il masquer le prélèvement ou laisser visible parfois cette phase de son histoire ? Est-ce que tous les prélèvements sont « égaux » qu’ils soient sédiments, reste humain, « vilain » tesson ou « bel » objet en métal précieux ? Et quel est le statut juridique de ces prélèvements (objets, sédiments, écofacts, etc.) qui deviennent à eux seuls une entité tout en étant une partie d’un tout ? Il est à la fois patrimoine, mais dans un cadre juridique actuellement lacunaire sur ce point précis alors que des prélèvements sont réalisés tous les jours en archéologie, sur le terrain de fouille plus encore qu’en laboratoire.
On le constate au quotidien, les questions sont nombreuses, et elles sont pleinement interdisciplinaires. Les acteurs concernés sont également pluriels : chercheurs, conservateurs, responsables de collections et de régie, muséographes, restaurateurs, juristes, etc. Tous ont à se poser la question du prélèvement de manière récurrente.
Ce colloque a pour objectif d’aborder le prélèvement sous différents angles, et dans un dialogue entre les différents acteurs, en France et à l’international car le sujet ne se pose pas partout de la même façon. A plus d’un titre, il mobilise des enjeux géo-politiques et des attentes sociétales. Il s’agira donc de réunir des acteurs de tous les horizons et institutions concernés dans le cadre de présentations de type keynotes et de tables rondes. Cette rencontre scientifique n’est pas sans faire écho à celle sur Les lacunes (2022), le premier de l’UMR Héritages, dont les actes sont sous presse (CNRS éditions). Le prélèvement est en effet une lacune choisie et créatrice pour l’objet sur lequel il est réalisé. Il n’en est pas moins un tout, lui-même source de connaissance. Devant l’importance qu’il a pris et les questions qu’il soulève, ce colloque est envisagé comme un jalon clé dans son étude. L’objectif est également d’aboutir à des pistes pour mieux l’intégrer à la recherche archéologique d’aujourd’hui et de demain. La publication de la rencontre est envisagée.
La journée d’étude est organisée en partenariat par l’université Cergy Paris (CYU), l’Institut national du patrimoine (Inp), et le Centre de recherche et de restauration des musées des France (C2RMF).
Programme à venir
Informations pratiques
La journée d'étude se déroulera, lundi 7 décembre 2026, dans l’amphithéâtre Jacqueline Lichtenstein.