Jeune étudiante slovaque en conservation-restauration, Eva Belancová a choisi l’Institut national du patrimoine pour enrichir son parcours grâce au programme Erasmus+.
Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Eva Belancová, je viens de Slovaquie et j’étudie la conservation et la restauration d’œuvres d’art à l’Académie des Beaux-Arts et du Design de Bratislava. Au départ, je souhaitais étudier les mathématiques, mais comme je suis attirée à la fois par la créativité et par les sciences, j’ai finalement changé d’orientation et décidé d’étudier la restauration.
Comment avez-vous pris connaissance de l’intégration d’élèves internationaux ou Erasmus à la formation des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine ?
L’Institut national du patrimoine figurait parmi les différentes options proposées par mon université pour une mobilité Erasmus. En me renseignant sur les établissements partenaires, j’ai constaté que l’Inp offrait une formation d’une grande qualité, avec des cours particulièrement intéressants pour moi. J’ai été particulièrement attirée par le fait que, dans l’atelier Peinture, les étudiants travaillent principalement sur des peintures anciennes, alors que dans mon école d’origine, nous intervenons plus souvent sur des œuvres modernes.
Quelles ont été vos motivations pour y candidater ?
Dans mon petit pays, la Slovaquie, l’accès au patrimoine artistique historique est relativement limité et les efforts consacrés à la restauration manquent souvent d’intérêt et de ressources financières. Les équipements technologiques spécialisés ainsi que les experts expérimentés sont également moins accessibles.
C’est pourquoi j’ai été particulièrement motivée par l’idée de pouvoir étudier dans une ville où les opportunités sont plus nombreuses dans ce domaine. Paris s’est imposée à moi comme une destination idéale, offrant un accès exceptionnel au patrimoine historique et artistique. Dans cette ville, j’ai eu le privilège de découvrir certaines des plus grandes œuvres d’art au monde et la possibilité d’apprendre auprès de professionnels hautement qualifiés. Cela représente une opportunité inestimable de me plonger dans la restauration des œuvres au cœur même de l’histoire de l’art.
Pour moi, en tant que personne curieuse, ambitieuse et passionnée par l’apprentissage, la possibilité d’étudier dans une institution où enseignent des spécialistes reconnus, où les ateliers sont extrêmement bien équipés et où les cours ont une orientation scientifique pointue, fut un choix évident.
L’un des facteurs déterminants a également été le fait que j’ai toujours rêvé de découvrir Paris, d’y vivre ou d’y étudier pendant un certain temps. La culture française est une passion pour moi depuis l’enfance, j’ai appris le français de manière autodidacte et je me suis toujours intéressée aux différentes ressources culturelles afin d’approfondir mes connaissances. Grâce au programme Erasmus à l’INP, tous ces rêves et objectifs se sont réunis en un seul projet cohérent, qui s’est imposé à moi comme une évidence.
Quels enseignements vous ont particulièrement marquée ?
Il m’est difficile de choisir un seul enseignement marquant, car l’ensemble du programme a été extrêmement enrichissant. J’ai particulièrement apprécié la participation à un chantier de restauration de peinture murale, ainsi que la visite d’un autre institut pour étudier les moisissures : nous avons pu les observer au microscope et même cultiver une colonie dans une boîte de Petri.
J’ai également été marquée par le travail de retouche sur une peinture du XIXe siècle, par l’apprentissage de l’italien et par ma participation au projet expérimental PEEX. Dans ce cadre, nous avons travaillé en petit groupe sur une recherche scientifique, ce qui m’a permis de développer une approche plus analytique et méthodologique de la restauration.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Pour moi, c’était une expérience extrêmement enrichissante, notamment grâce à l’attention portée aux détails tout au long du semestre. Les cours – microbiologie, dendrologie et entomologie – m’ont particulièrement intéressée, car nous n’avons pas d’enseignements comparables dans mon école d’origine.
À l’atelier, nous avons pratiqué de nombreuses techniques différentes. Nous n’avions pas un seul professeur pour chaque matière ; au contraire, chaque semaine, nous étions encadrés par un autre restaurateur, selon son domaine de spécialisation. Cela m’a énormément apporté, car chacun avait une approche pédagogique et méthodologique différente, ainsi que ses propres connaissances et méthodes de travail.
De plus, pendant les deux dernières semaines du semestre, j’ai eu l’opportunité exceptionnelle de participer à la restauration d’une peinture murale dans une église au centre-ville de Paris. Cette expérience pratique sur un chantier réel a été particulièrement formatrice.
Enfin, j’ai trouvé que toutes les personnes à l’INP étaient très accueillantes, bienveillantes et toujours prêtes à aider. Elles créent une communauté et une atmosphère très ouvertes. J’ai été intégrée très rapidement, ce qui a rendu mon adaptation facile et naturelle. J’y ai également noué des amitiés que je continue d’entretenir aujourd’hui.