Grazia Nicosia a réalisé sa thèse dans le cadre de l’EUR Humanités, Création, Patrimoine, sous la direction de Julien Longhi et Bruno Bachimont, au laboratoire AGORA de CY Cergy Paris Université, au sein de l’école doctorale n° 628 – Arts, Humanités et Sciences sociales.
La soutenance aura lieu le lundi 19 janvier 2026 à 14 h à l’Institut national du patrimoine, salle Braudel David-Neel, 2, rue Vivienne, 75002 Paris.
Résumé
Le constat d’état est un document dynamique, qui a évolué avec la structuration des disciplines muséales et l’évolution des technologies. Aujourd’hui, les modes d’inscription mobilisés par sa rédaction : textuels, graphiques et photographiques, coconstruisent un savoir sur le bien culturel. En mobilisant la théorie des supports, la recherche montre comment chaque mode d’inscription : texte, photographie, schéma, annotation, oriente la lecture des œuvres et de leur état, participe à leur devenir matériel et organise la coopération entre professionnels. Elle met au jour les tensions entre les contraintes professionnelles, l’efficience cognitive et les stratégies de preuve, dans un contexte où les systèmes de gestion de collections imposent de nouveaux standards dans le domaine de la conservation-restauration.
La multiplication des points de vue métier sur la terminologie du constat d’état génère une polysémie et une instabilité des termes, qui mettent en cause le principe même d’interopérabilité des systèmes et de leur migration. À partir d’une enquête menée auprès des utilisateurs de constats et d’une étude fondée sur les théories de l’analyse du discours appliquée à des corpus professionnels et théoriques, cette recherche examine la manière dont les professionnels qualifient, décrivent et interprètent l’état des œuvres, en fonction de temporalités d’écriture distinctes et de positions énonciatives situées.
Si leurs choix langagiers participent à la construction de l’identité pragmatique des biens culturels, le constat d’état peut se redéfinir comme un acte discursif situé, dont l’étude permet d’identifier des ajustements sémantiques, terminologiques et ontologiques en vue de renforcer la fiabilité et l’interopérabilité des constats numériques.
Membres du jury
Directeurs de thèse : Julien LONGHI, Professeur, Cergy Paris Université et Bruno BACHIMONT, Professeur, Université de Technologie de Compiègne
Rapporteurs : Livio DE LUCA, Directeur de recherche, CNRS, MAP, Marseille et Marie DESPRÉS-LONNET, Professeure émérite, Université Lyon 2
Examinateurs : Valérie ROCHAIX, Maîtresse de Conférences, Université de Tours et Anne-Solène ROLLAND, Directrice générale de l'INHA, Paris